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13/02/2014

Le Darwinisme appliqué au recruteur

Aujourd'hui, les études sur le secteur du recrutement sont légions : on y traite bien sûr des fameuses générations Y et Z (sur notre blog en particulier), on y quantifie l'usage des réseaux sociaux par les candidats et les recruteurs, on y prévoit les grandes tendances du recrutement : nouveaux canaux, nouveaux outils, nouveaux enjeux... Qu'il semble loin, le temps où le recruteur publiait ses annonces dans le journal, attendant que son téléphone sonne ! Pourtant, l'intitulé de poste « banalisé » n'a pas changé : dans l'esprit de tous, un recruteur est un recruteur, depuis toujours. Ce phénomène est aussi intriguant que les évolutions vécues par le recrutement sont intenses, pouvant aller jusqu'à la remise en cause du métier même du recruteur, comme le soulignait un précédent article de notre blog sur l'impact des réseaux sociaux sur le recrutement. Ainsi, de nombreuses transformations auraient pu en faire une espèce en voie de disparition, mais il n'en est rien. La marque d'un métier qui a su évoluer pour survivre ?


Des années 80 aux années 90, l'évolution par les outils

Pour répondre à cette question, jetons un regard sur l'histoire du recrutement. En remontant jusqu'aux années 80, on constate que le développement des technologies informatiques a particulièrement contribué à installer la figure du recruteur au coeur des activités des entreprises. L'essor du secteur s'est traduit par des besoins de recrutement conséquents, légitimant ainsi la place du recruteur en tant que pourvoyeur de ressources adaptées. La relation recruteur-candidat s'appuie alors exclusivement sur l'échange oral, en face-à-face, avec une forte connotation institutionnelle côté recrutement. Les années 90, synonymes de révolution internet, impactent ensuite directement le quotidien du recruteur, et particulièrement ses compétences-clés. La révolution passe en premier lieu par les outils, avec le développement des job-boards, comme le célèbre Monster, créé en 1999. La barrière institutionnelle entre le recruteur et le candidat commence à s'estomper, avec la facilitation et la multiplication des contacts (mails, téléphone...). Entre ces deux décennies, le recruteur a « juste » intégré de nouveaux outils à ses méthodes de travail, en suivant finalement comme n'importe quel autre métier le mouvement global lié à l'émergence et à la démocratisation du web. Au cours de cette période, l'évolution du métier ne change pas fondamentalement le coeur même de la fonction de recruteur.

Les années 2000 - 2010 : le bouleversement environnemental provoqué par les réseaux sociaux

L'enchaînement des innovations informatiques se poursuit dans les années 2000, renforçant la dématérialisation des tâches du recruteur. Progressivement, il devient un technophile averti, s'orientant sur la toile grâce à ses compétences aiguisées en recherche. Il en va de sa survie : il doit apprivoiser les nouveaux sites de références, des job-boards toujours plus présents et surtout le nouveau venu Linkedin, qui voit le jour en 2003 et qui, dès 2005, compte 4 millions d'utilisateurs. Le terrain de jeu du recruteur est modifié, et ses compétences suivent de fait le même mouvement. La tendance s'est ensuite accélérée, le recruteur étant obligé de s'adapter au fait qu'il n'est plus le seul à accéder aux informations des candidats ; elles sont diffusées massivement et accessibles à tous. Aujourd'hui, un recruteur est finalement un être socialement connecté en permanence, par n'importe quel outil : le dernier réseau social en vogue ou la dernière application. Et son contexte professionnel intensifie cette évolution, comme le souligne l'étude 2013 de Jobvite : 94% des entreprises interrogées utilisent les réseaux sociaux pour recruter, ou prévoient de le faire. Pour répondre à cette nouvelle réalité, le recruteur doit s'adapter de plus en plus vite, en centralisant un nombre de compétences toujours plus grand. Il est désormais sourceur, communicant, community manager, technophile, garant de la marque employeur... Mais aussi gestionnaire de viviers, agent de fidélisation des candidats, fer de lance des relations écoles, soldat de la lutte contre la discrimination... entre autres ! Le prix à payer pour la survie de son espèce ?

Le recruteur, ce Cyborg en quête de simplicité

Effectivement, le dernier stade de son évolution peut apparenter le recruteur à un Cyborg, tablette et smartphone greffés dans les mains, programmé pour s'adapter, naviguant sur les réseaux sociaux en permanence... A ce titre, il témoigne qu'il a su évoluer face aux bouleversements de son environnement. Parmi la multitude de capacités évoquées, trois fonctions vitales se dégagent : l'approche directe de son vivier de candidats, l'animation de communautés et l'actualisation de ses pratiques. Elles sont qualifiées de « vitales » dans la mesure où ce sont bien les leviers à activer pour maintenir le fameux lien avec les candidats du vivier sur le long terme. C'est cette nouvelle responsabilité qui garantit au recruteur son rôle de ressource clé de l'entreprise en termes d'attractivité et de fidélisation des talents. Quant au sourcing, s'il reste une réalité professionnelle du recruteur, il suit une logique évolutive également, en étant simplifié par l'utilisation des réseaux sociaux (professionnels ou non), en amélioration continue.

Finalement, ce bref regard sur l'évolution du métier de recruteur montre une réelle adaptation qui, si elle a permis de conserver intact le nom du métier, reflète également une transformation en profondeur de sa réalité professionnelle. Car il ne faut pas résumer trop rapidement l'évolution du métier de recruteur à l'utilisation massive des réseaux sociaux. Cela reviendrait à nier le vrai changement qui s'est opéré concernant les problématiques sociétales (traitement des politiques anti-discrimination notamment) et les stratégies de fidélisation des candidats (politiques de relations écoles, mise en avant de la marque employeur). Finalement, les réseaux sociaux sont un outil supplémentaire au service du recruteur, qu'il doit maîtriser pour atteindre ses objectifs dans un nombre de domaines encore plus variés qu'auparavant.

Dès lors, les défis qui attendent encore le recruteur sont nombreux. En tête de liste : trouver des axes de simplification pour optimiser la réponse aux multiples attendus quotidiens. On pense ainsi particulièrement à des initiatives du type Dokker Recruit, un nouveau job-board qui permet aux entreprises de publier des offres d'emplois et de centraliser les candidatures et les données de chaque candidat, en particulier en enregistrant les renseignements présents sur les pages Linkedin ou Viadeo des candidats qui les intéressent. On pense aussi aux moteurs de recherche dédiés aux réseaux sociaux, comme Graymatter Recruitment, qui permettent de faire des recherches parmi un très grand nombre de réseaux sociaux et de CVthèques. Pour faire face aux attentes croissantes vis-à-vis du métier de recruteur, il est crucial d'outiller ses représentants de façon adaptée, pour qu'ils continuent d'assurer la survie de leur espèce.


Sources :
• http://blog.jobvite.com/2013/09/2013jobvitesocialrecruitingsurvey/
• http://www.modesrh.com/levolution-du-metier-de-consultant-en-recrutement-infographie/
• http://fr.dokker.com/recruit
• https://recruitment.aleph-graymatter.com/

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